Shaker Boston ou cobbler : lequel choisir quand on débute ?
La Maison du Cocktail
Le premier achat, c'est presque toujours un shaker. Et très vite, deux familles se présentent : le Boston, deux timbales qui s'emboîtent, et le cobbler, trois pièces avec un filtre intégré. Les deux font le travail. Ils ne le font pas de la même manière, et ils ne pardonnent pas les mêmes erreurs.
Le cobbler, le shaker « tout compris »
Le cobbler est celui qu'on imagine spontanément : un corps, un couvercle percé qui fait office de passoire, et un petit bouchon qui sert souvent de mesure. On verse, on ferme, on secoue, on retire le bouchon et on sert. Pas besoin d'un second outil pour filtrer.
C'est son grand avantage pour commencer. Moins de pièces à gérer, moins de gestes à apprendre. Il se range facilement et convient bien aux cocktails préparés pour une ou deux personnes.
Son défaut est connu de tous ceux qui s'en servent : le froid contracte le métal et le couvercle a tendance à se bloquer après un shake énergique. Rien de grave. On tient le corps d'une main, on tape doucement la jonction avec le talon de l'autre, et ça se libère. Autre limite : le filtre intégré laisse passer un peu plus de petits éclats de glace qu'une vraie passoire, et le débit au service est lent quand on prépare plusieurs verres.
Le Boston, le choix des bars
Derrière un comptoir, c'est le Boston qu'on voit le plus souvent. Une grande timbale d'environ 800 ml, une plus petite (en métal ou en verre) qui vient se loger dedans en biais. On tape légèrement pour sceller, on secoue, puis on sépare les deux parties d'un coup sec sur le côté.
Pourquoi les professionnels l'aiment autant : sa contenance permet de préparer deux cocktails à la fois, il refroidit vite grâce à sa grande surface de métal, il ne se bloque pas, et il se rince en trois secondes entre deux commandes. Il est aussi quasiment indestructible, puisqu'il n'a ni pas de vis ni filtre fragile.
La contrepartie, c'est qu'il demande une passoire Hawthorne pour servir, et un petit temps d'apprentissage pour l'ouvrir proprement. Comptez une soirée, deux au maximum. Les premières fois, beaucoup de gens forcent au lieu de taper au bon endroit : c'est le point où la petite timbale touche la grande, sur le côté, qui doit recevoir le coup.
Ce qui compte vraiment dans le choix
Ce que vous préparez
Si vous faites surtout des cocktails secoués pour vous et une autre personne, les deux conviennent. Si vous recevez souvent et enchaînez les tournées, le Boston vous fera gagner du temps.
La place disponible
Le cobbler est plus compact. Le Boston prend un peu plus de place, mais ses deux timbales se rangent emboîtées.
La matière
Quel que soit le modèle, prenez de l'inox. Il ne garde pas les odeurs, ne réagit pas à l'acidité du citron et passe au lave-vaisselle. Les finitions or, cuivre ou noir sont des revêtements posés sur l'inox : elles tiennent bien à condition d'éviter les éponges abrasives. Un lavage à la main les garde belles plus longtemps.
Le poids
Un shaker trop léger se cabosse et ferme mal. Prenez-le en main si vous pouvez, ou regardez l'épaisseur annoncée : un bon shaker a un peu de poids.
Notre avis
Pour un premier achat destiné à faire des cocktails de temps en temps, le cobbler reste le plus simple : il fonctionne seul et ne demande aucun apprentissage. Pour quelqu'un qui sait déjà qu'il va s'y mettre sérieusement, ou pour offrir à une personne qui reçoit beaucoup, on conseille directement le Boston avec sa passoire. Beaucoup finissent par l'adopter de toute façon, alors autant commencer par là.
Si vous hésitez encore, les kits cocktail tranchent la question : ils existent dans les deux versions, avec le doseur, la cuillère et la passoire qui vont avec. Toute la gamme de shakers est aussi disponible à l'unité.
Trois gestes pour bien shaker, quel que soit le modèle
- Remplissez de glace aux deux tiers, avec des glaçons bien froids et bien secs. Trop peu de glace, c'est un cocktail tiède et trop dilué.
- Secouez franchement une dizaine de secondes, jusqu'à ce que le métal devienne glacé sous les doigts.
- Servez tout de suite, dans un verre refroidi à l'avance. Un cocktail secoué n'attend pas.
Ces gestes valent aussi pour les cocktails sans alcool. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.